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POESIE

 

BAIE DES NAUFRAGES

Profonde baie

Grande ouverte sur la mer froide

Au bleu dur…

Lentement la mer se retire

Découvrant les algues brunes

Dont le gluant lacis

Dessine de fantasques

Arabesques.

Flaques nues au miroitement

Immobile

Vide des eaux lacées

Que nulle vie perceptible n’anime.

Lentement la mer se retire…

Gorges profondes

Vallées encaissées

Où s’amassent de lourds galets

Déboulant sous les pas

Dans le claquement des pierres fracassées.

Proues déchiquetées des récifs agressifs…

Maque monstrueux

Des chimériques bestiaires…

Mer vide

Soleil rasant de l’hiver

Aux ciels de safran

Mer nue où dorment

Les vaisseaux engloutis…

Et sous la grotte où gronde la vague

Eclaboussant de sa claire écume

Gisent épars

Les débris des derniers naufrages.

 

Pierre LATASTE

 

 

LA LYRE D’ELVIRE !

          Sous le ciel d’Italie

Auprès d’une fontaine

Qui chantait, turlutaine,

Fleurissait l’ancolie.

 

L’onde en était si pure

Que, sous l’ardent soleil,

En son simple appareil

La belle en sa guipure

 

Y plongea toute entière

Ceci sans moindre gêne

Ainsi qu’une sirène

Provocante et altière.

 

Or, voici que soudain

Alphonse Lamartine

Aperçut la mâtine

Et en eut le béguin.

 

Tout près de la margelle

Admirant la déesse

Dès lors il n’eut de cesse

De posséder la belle.

 

La muse était Elvire

Qui, pour le prendre au piège,

Entonna bel arpège

Sur corde de sa lyre.

 

De ce jour le poète

Qui en fut amoureux,

Devint fort malheureux.

Il en perdit la tête !

 

Moralité

Prends garde de rêver

D’un amour éternel

Sache, pauvre mortel,

Que l’on peut t’éprouver !

 

Raymond BACHER

 

SAVEUR D’AUTOMNE

 

Une feuille virevoltant

Tombe à mes pieds en tournoyant

De l’automne, c’est le signal

Avant le grand froid hivernal.

 

Les champignons timidement

Sortent de terre en rougissant

Et les chasseurs deviennent rois

Mettant les lapins aux abois.

 

Il fait bon dans tous les sentiers

De notre forêt musarder

Ecoutant les bruits des fourrés

Odorat et couleurs mêlées.

 

Le chat ronronne près de l’âtre

Où flottent des relents douceâtres

De miel et de marrons grillés

Pour les amis à la veillée.

 

Mylène BRASME

 

 

CHEVALIER SERVANT

 

Puis-je vous embrasser, Madame,

Sans détour au bord du chemin

Ou faut-il remettre à demain

Les faveurs que mon corps réclame ?

 

Notre amour vire au mélodrame

Et puisque attendre est surhumain

Puis-je vous embrasser, Madame,

Sans détour au bord du chemin ?

 

A mort, l’art de l’épithalame,

Le jeu subtil du baisemain !

Ouvrez donc vos lèvres carmin,

Soumettez-vous quand je vous déclame

«Puis-je vous embrasser, Madame ? »

 

Lucien VAN MEER

 

« UTRIQUE FIDELIS »

 

De la plaine au marais, de la côte au bocage,

A ton passé fidèle, ouverte à l’avenir,

Tu reçois des aïeux, charge de maintenir

Les fortes qualités d’un courageux lignage.

 

Les ailes des moulins fredonnent le passé,

Au mont de l’alouette, envoûtent les collines.

Le modeste village arbore ses usines.

Pour l’amant de la terre, un chemin est tracé.

 

A mi-voix les genêts chuchotent dans la lande ;

Ils narrent l’épopée et l’exploit glorieux,

Les martyres d’enfants ; massacres odieux.

Dans ton sol sont couchés des héros de légende.

 

Le souffle de la mer, ton silence discret,

Tes larges horizons, ta terre fécondée,

Honorent tes deux cœurs, belle et noble Vendée :

Utrique fidelis, un emblème, un secret.

 

Gilles HYBERT

 

UN JOUR

 

S’émerveiller dans l’écrin cristallin

D’un matin frissonnant de nuit

 

Boire à la fontaine de la vie

 

Sentir palpiter au fond de soi-même

La force de l’univers renaissant

 

Fouler aux pieds l’herbe de la prairie

Scintillante de diamants

 

Tressaillir aux cris de la mouette

Dessinant dans le ciel d’indicibles arabesques

 

Se laisse envoûter par le chant de l’oiseau

Et avec lui s’envoler là-haut

 

Survoler la planète et peindre son cœur

Aux couleurs du monde

 

Traverser le miroir

Avaler le temps

 

Trouver le souffle et la force

D’atteindre le rêve d’espoir

D’un monde meilleur demain

 

Pierre de SERVYS

                                                                                                        

 

 

 CONTRE LES VENTS HURLANTS

ALZEIMER

 

Contre les vents hurlants, lesté d’un poids qui fuit

Tel un frêle navire égaré dans la nuit

Transporté par la houle, ennoyé dans la vague

Je pars, mes bons amis car mon esprit divague.

 

Ne venez pas à moi dans cette obscurité

Laissez-moi naviguer hors toute gravité

Etre encore avec vous en présence lointaine 

J’ai cédé ma pensée à un croque-mitaine.

 

Parfois une fenêtre entrouvre ma raison

Mais faible est la clarté, bien trop loin l’horizon…

Je n’ai que le présent en cadeau de survie

C’est là mon seul trésor, la force de ma vie.

 

Pour moi vous détenez la malle aux souvenirs

Vous êtes mon passé, soyez mes devenirs

Ressassez nos hiers, laissez en vous s’inscrire

Nos merveilleux moments de bonheur et de rire.

 

Gasimo

 

       

MATERNITE

 

Quand la femme féconde

Offre son ventre rond

Aux regards des passants,

C’est la vie qui afflue

Bousculant les barrages !

C’est un torrent d’amour

Accouchant en plein jour !

Ses yeux tendres rayonnent

Sur tout ce qui l’entoure.

O femme désirable

Dans ta maternité !

Un peintre sur sa toile

Ne pourrait reproduire

Tous les feux de ton âme !

Et bientôt sortira

De sa bulle aquatique

Fragile et sans défense

L’embryon de l’amour !

O femme nourricière

Devant tant d’innocence

Tes seins gonflés de lait

Combleront ton enfant !

Dans tes bras généreux

Le soir en l’endormant

Tu chanteras pour lui

D’immortelles berceuses…

Et la nuit sagement

Derrière les rideaux blancs

Sourira doucement

De mille et un étoiles !

Anonyme

 

 

 30 -06 -2013

 

LE RAMEAU

 

La Sèvre coule sous le vent de printemps depuis peu attiédi.

Frêle brindille d’un aulne de la berge un rameau s’est détaché :

De branche en branche le bois-pantin culbute, abandonné…

Promeneur des rives, mes pas rêveurs se sont arrêtés,

Interpellée, mon attention se mêle à cette chute infinie…

 

Le morceau de bois prolonge un instant son agonie,

Il bute, bondit dans un tragique effort de survie,

Il bringuebale et ralentit sa descente vers l’eau tumultueuse :

Krach !... elle l’entrave en gerbes de gouttes et larmes de verreries ;

Dès lors, le courant s’en saisit.

La rivière le porte impétueuse,

Une vaguelette rageuse l’use,

Il dérive et ses retenues l’épuisent…

Au hasard d’une courbe, l’esquif ruse,

Il contourne des algues à la chevelure profuse.

A peine une hésitation que la vague le reprend par le travers

Et sa course vertigineuse s’accélère,

Et folle, irrésistible, le mène au destin fatal :

Au déversoir, près de la digue, vaincu, il s’affale

Plonge au vil entonnoir d’eau… le tourbillon l’engloutit…

 

Que de dramatiques luttes

Entre les éléments, le courant et le temps…

Abandonné, délaissé par l’environnement

Le rameau a disparu en quelques minutes.

 

Noël PIETRI 79 Moncoutant

 

 

 

 

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LE PALMARES DES 41° JEUX FLORAUX 2014

 

Lauréat du Grand Prix des 41° Jeux Floraux

 

Monsieur VIEILFAULT Guy

 

 

Autres Auteurs des MORCEAUX CHOISIS

 

Monsieur DAO HUU BAO Dominique

Madame POIRIER Annie

Madame GUICHENEY Claudine

Madame CORNUAT Marie-Thérèse

Monsieur BEYER Serge

Madame DOUSSAINT Monique

Monsieur DUCHEMIN Christophe

Monsieur BROUSSY Maurice

Madame ESNEU-BOUTRUCHE Eliane

Madame COURTIN Paulette

Monsieur HYBERT Gilles

Madame FAUCHEUX Nicole

Madame CLEMENT CROUE Françoise

Madame BETBEDER Marcelle

Madame FORVEILLE Sylvie

Madame BIDOIS Françoise

Monsieur VIVIER Jean-Paul

Madame CLAUTOUR Jacqueline

Madame BERGER Eliane

Madame GODIOT Nicole

Monsieur JOGUET Yves

Madame LEBON-GOGLY Dany

Monsieur GALLARD Gabriel

Monsieur LECORDIER Pascal

 

 

 

 

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LES sonnets

 

 

EN ALLANT A L’ÉCOLE

 

Nos sentes s’égayaient d’immuables comptines

Que ta voix, sans repos, lançait dans l’air frisquet

Ajoutant à la rime un gentil sobriquet

Que tu me dédiais en des grâces mutines.

 

Aux arpèges filés de tendres cavatines

S’animait le réseau, secoué d’un hoquet,

De ces nattes de feu que le ruban coquet

Maintenait, en dépit de tes voltes lutines.

 

La danse chaloupant ta robe de vichy

Enjouait le matin lorsque, genou fléchi,

Tu cueillais au fossé, sylphide funambule,

 

La prime fleur offerte en ce nouveau printemps,

Et ta joie éclatait, comme tintinnabule

Ton rire éparpillé sur la rive du temps.

 

Premier prix du sonnet

Monsieur VIEILFAULT Guy

77183 CROISSY-BEAUBOURG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE ROUTARD

 

A l’angle d’une place aux abords de l’église

Alors que tout se ferme et restent clos les yeux,

Comme l’instant dérange, aucunement joyeux,

Il pose sur le sol son étique valise.

 

Avec l’accordéon chanter le tranquillise ;

Or, il entend gronder derrière un mur crayeux :

« Va donc brailler ailleurs, pauvre bougre ennuyeux ! ».

La bonne paroissienne ainsi se formalise…

 

Interdit de séjour : « Dehors, sale étranger ! »,

Suspect toujours, partout, d’engendrer du danger,

Chaque heure, il la subit traînant l’opprobre, en marge.

 

Exilé, l’inconnu suivi par son bâtard,

Sans rien dire à personne, illico prend le large

Et serre fort sa pogne avant qu’il soit trop tard…

 

Deuxième prix du sonnet

Monsieur DAO HUU BAO Dominique

35580 LASSY

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’ÉTANG PRÈS DE CHEZ MOI

 

C’est tout près de chez moi qu’un étang fait silence

Pour accueillir celui qui recherche la paix ;

Lorsque l’hiver est là, point de gris parapets

Pour figer dans ses eaux sa froide somnolence.

 

L’automne avec ses pleurs brise sa nonchalance,

Le parant de ses ors, de curieux toupets

Par les chênes perdus, devenant plus suspects

Quand la brise du soir fait grincer leur balance…

 

Au printemps les gamins taquinent les canards

Lesquels pour un quignon se montrent goguenards,

Glissant sur la beauté d’une métamorphose.

 

Et l’été sur un banc, les aînés le matin,

Profitant du plaisir d’une agréable pause,

Pêchent leurs souvenirs dans ce miroir sans tain.

 

Deuxième prix du sonnet

Madame POIRIER Annie

85130 SAINT MARTIN DES TILLEULS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

POURQUOI

 

Sur le parvis du cœur reflète en filigrane

Un souvenir d’antan qui trouble ma raison.

Et ce soir resurgit l’image courtisane

Qui fait souffrir encore à la défeuillaison.

 

A cet écho tardif, mon béguin de jeunesse

Intimement s’impose au présent chuchotis.

Sur l’aile de la vie, avec délicatesse

Je rebrousse chemin parmi les cailloutis.

 

Une intruse volage au démon du plaisir

M’avait volé l’amour sans le moindre désir.

De l’infidélité, je pleurais en cachette.

 

Conter la trahison pour un frivole ailleurs

C’est dire ma douleur de vile entourloupette !

Plus tard j’ai retrouvé, des sentiments meilleurs.

 

Troisième prix du sonnet

Madame GUICHENEY Claudine

33210 LANGON

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE VITRAIL, EN L’ABBATIALE DE CONQUES

 

Le reflet bleu, furtif et vaporeux appel,

Ondule finement enrobé de lumière,

Cheminement subtil d’une âme coutumière

De ce lieu ciselé par un divin scalpel.

 

L’opalescent vitrail rayonne sur l’autel.

De célestes lueurs naissent en sa verrière

Par le jeu cristallin de son aura princière,

Kaléidoscope flou bercé de chants gospel.

 

Translucide joyau, messager poétique

Fait de pure beauté, d’un langage mystique,

Tu vis au flan royal du chef-d’œuvre roman.

 

Une force sublime enlace l’édifice.

Signes de tous les temps, fondus élégamment,

Vous inondez les cœurs d’un infini délice.

 

Mention en sonnet

Madame CORNUAT Marie-Thérèse

85100 LES SABLES D’OLONNE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SI PRÈS DU CIEL… (NANGPA LA)

 

Marcher si près du ciel, vers des plaines d’espoir.

Imprimer, pas à pas, son credo dans la trace,

Les lèvres libérant sous le voile de glace

Tous les mots étranglés au bâillon du pouvoir.

 

Fuir le sang des autels pour l’autre reposoir.

Ecorcher aux séracs le rêve qui s’efface.

Ne plus oser crier que le fusil menace

D’éteindre sur Lhassa le dernier reposoir

 

Côtoyer le Géant et ses chevaux du vent.

Semer dans le blizzard les cendres du couvent

Et taire la douleur des gelures sournoises.

 

S’effondrer tel un ange abattu dans son vol

Et sur l’éternité de la neige du col,

Mourir, si près du ciel… les balles sont chinoises !

 

Mention en sonnet

Monsieur BEYER Serge

51310 COURGIVAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA POESIE CLASSIQUE

LE PRIX FRANCINE ROBERT

 

 

JE CUEILLAIS LES COULEURS DE LA VIE

 

Chaque jour je cueillais les couleurs de la vie.

Dans la paix de la nuit j’écrivais mes émois.

Las !... vide est mon jardin car mon âme asservie,

Enchainée aux tracas, se meurt depuis des mois.

 

Mes rires déchirés s’envolent en guenille.

Sur ton cher souvenir ils parsèment des pleurs.

Par ta voix, ton regard, tes senteurs de vanille

Et par ton être absent, je connais mes douleurs.

 

Tous mes chemins de deuil s’embrouillent dans ma tête :

L’étoile du défunt, notre croix de mortel !...

Vivants et disparus, témoins de la tempête

Restent à mon chevet comme lampe à l’autel.

 

J’appelle à mon secours la source la plus vive

Et je bois au torrent de leur belle vertu.

A la table d’éden je me veux la convive

Lorsque sous mon fardeau, déjà, l’espoir s’est tu.

 

Premier prix de poésie classique Francine ROBERT

Madame CORNUAT Marie-Thérèse

85100 LES SABLES D’OLONNE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CES MOTS D’HIER…

 

Je sais un lieu perdu de lointaine province

Sommeillant à jamais sous les mousses d’antan

Où les pierres d’un mur –De grâce, souviens-t-en !-

Portent, gravés, ces mots que ta mémoire évince.

 

De la pulpe d’un doigt, un jour, quelque passant

Déchiffrant le relief de nos amours en braille

Peut-être s’émouvra, dans le soir qui défaille,

De ces noms érodés par l’oubli verdissant.

 

Voyageur anonyme ou puissant de ce monde,

Le regard embué par l’hier reconnu

Il oubliera l’argent de son crâne chenu

Pour s’éprendre de toi l’instant d’une seconde.

 

Dans la nuit de ses mains il posera son front

Quêtant l’écho brouillé de sa propre jeunesse

Et, du silence obscur qu’un rossignol transgresse,

En son recueillement nos amours renaîtront.

 

Deuxième prix de poésie classique Francine ROBERT

Monsieur VIEILFAULT Guy

77183 CROISSY-BEAUBOURG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MANUEL

 

Il venait d’un pays qui, magique attirance,

Avait charmé mon cœur tout autant que mes yeux,

Il dut partir un jour vers la lointaine France

Pour trouver du travail, chez nous, sous d’autres cieux.

 

Je l’aurais vu berger, menant son troupeau sage

Parmi les oliviers, là-bas au Portugal,

Sur les coteaux pierreux de son petit village

Où mûrit le porto, près de Vila Real.

 

Il avait de l’agneau cette douceur candide

Que je lisais si bien dans son regard profond,

Sa bouche souriait d’un air un peu timide

Est ses cheveux bouclés retombaient sur son front.

 

La guerre était pour lui la plus grande injustice,

Hélas ! Il avait dû combattre en Angola,

Gardant encore au cou la blanche cicatrice,

Il voulait désormais oublier tout cela.

 

Parlant peu notre langue, il restait sans rien dire,

Pourtant j’aimais le voir, immobile à demi, 

Car mieux qu’une parole, il donnait son sourire,

Prénommé Manuel,… il était mon ami…

 

Deuxième prix de poésie classique Francine ROBERT

Madame DOUSSAINT Monique

85310 NESMY

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COQUINERIE

 

J’aime nos instants complices

Suspendus à ce frisson

Sur ta peau de pain d’épices.

 

Je vogue au vent des caprices,

Sucré comme une mousson.

J’aime nos instants complices.

 

Dans le parfum des délices

Ma bouche ose sa moisson

Sur ta peau de pain d’épices

 

O mon cœur quels doux supplices

Sous ton baiser polisson !

J’aime nos instants complices !

 

De nos lèvres à tes cuisses

Je veux peindre ma chanson

Sur ta peau de pain d’épices.

 

Et s’il faut des sacrifices,

Je m’offre à l’ardent buisson !

J’aime nos instants complices,

Sur ta peau de pain d’épices.

 

Troisième prix de poésie classique Francine ROBERT

Monsieur BEYER Serge

51310 COURGIVAUX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA FLAMME

 

La nuit quand tout sommeille, elle est là qui murmure

Des souvenirs heureux dans les silences roux

Pour oublier le monde et le bruit du courroux

Il se glisse un parfum, l’ombre de sa ramure.

 

Sa lumière troublante est au cœur d’un moment

Pour le grand réconfort sous la voûte céleste

D’une charpente antique où le stress se déleste,

Sous l’œil de Vénus qui, participe au ferment.

 

Se dégage à l’entour une sphère étoilée

Dans un rythme éclatant, vif comme une azalée.

 

Le feu se met en phase avec tout cet espoir

De ce qu’au plus profond de l’être on nomme envie

Ces braises dans le cœur pétillent à la vie

Où le sel qui crépite illumine un miroir.

 

Le temps de réfléchir voyage dans une onde,

Elle sème l’amour dans une éternité

Tout s’éveille et s’envole à sa douce clarté

Cet éphémère instant, prunelle vagabonde.

 

Troisième prix de poésie classique Francine ROBERT

Monsieur DUCHEMIN Christophe

33560 CARBON BLANC

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COMPLAINTE D’AUTOMNE

 

Les souffles de septembre ont fait fuir l’hirondelle

Emigrant vers l’Afrique aux climats plus cléments

Et les colchiques blancs en leur candeur si belle

Font présager l’automne et ses décors charmants.

 

Le brouillard envahit la lande qui se rouille,

Jaunit ou bien se teint de saphir, même d’or,

Puis sous des flux glacés chaque arbre se dépouille

Et Cérès qui languit jusqu’en avril s’endort.

 

Les sous-bois mordorés s’émaillent de fougères

Et la mousse émeraude étale ses amas ;

Les fragrances d’humus en leurs senteurs amères

S’exhalent en l’éther dès les premiers frimas.

 

Dans les sombres forêts les échos de la chasse

Effarouchent les faons aux grands yeux de velours,

Et les accents du cor font sourdre la menace

Quand de rauques abois s’entendent dès les jours.

 

Mais la Nature règne épanchant ses grisailles,

Et dès les mornes soirs les pampres vont périr ;

Cependant dès l’hiver se feront les semailles,

Puis, avec messidor le froment va mûrir.

 

Dans l’éternel essor la vie impérissable

Renaîtra de nouveau. Les denses floraisons

S’élanceront des vals sous Cérès inlassable

Et pareront Gaïa dans ses clairs horizons…

 

Troisième prix de poésie classique Francine ROBERT

Monsieur BROUSSY Maurice

27100 LA VAUDREUIL

 

 

 

 

LE JOURNAL INTIME

 

Je notais en son temps sur mon journal intime

L’intrigue d’un secret teinté de clair-obscur,

Car l’esprit galvanise un souvenir sublime,

Et sans y prendre garde, ourle un reflet impur.

 

Une petite voix dans l’enclos du silence

Suggère posément de mettre un cadenas

Afin de préserver l’opaque confidence

En ce monde indiscret quand pointe le fatras.

 

Et pour le doux rêveur, prisonnier dans sa tête

A l’ordre d’un fantasme, il dérive souvent.

Perché sur son nuage imite le poète,

Au gré de sa mémoire en fardant le présent.

 

Un signet à la marge est l’unique repaire

D’un détail subjectif que je veux retenir,

Fermant à double tour l’écrit testamentaire

Sur un passé mystique, il faut en convenir.

 

C’est l’heure maintenant de tourner une page

En jetant au brasier le journal et sa clé.

La chimère d’antan n’a plus aucun visage…

D’une histoire sans fin, me voilà libéré.

 

Mention en poésie classique Francine ROBERT

Madame GUICHENEY Claudine

33210 LANGON

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’APPEL

 

Au bord du précipice où résonne l’Appel,

Le cœur ailé, je marche exempt de tout vertige

Alors que sur ma tête aucun vent ne voltige

Et la lueur du soir s’éclate en archipel.

 

Là-haut je veux brûler aux ors d’un autre espace

Auréolé de ciel pigmenté du soleil,

Prendre cet horizon comme ligne d’éveil

Que mon vol ira joindre avant qu’une heure passe.

 

Il est d’uniques chants qu’on entend quelque part :

Loin, éclats de l’azur, quand l’absolu se dresse

Improvisent les voix sans fin d’une tendresse

Inaudible à l’écoute enceinte d’un rempart.

 

Je souhaite quérir ce qu’hélas sur la terre

En vain j’ai poursuivi, ne trouvant nul écho,

Nuls sables chauds et doux, semés de sirocco,

Nulle limpide source à l’onde salutaire.

 

Ont-ils des nuits, les jours de ces temps inconnus

Pour lesquels je m’évade et dont l’ici me prive ?

A-t-elle par-delà, cette mer, une rive

Où l’émigrant piteux posera ses pieds nus ?

 

Dans les jardins d’Eden s’éteindra mon errance

Et vers ce clair royaume abondant d’unissons

Je m’échappe du monde, au corps mille frissons,

Mais je rêve qu’ailleurs réside l’Espérance.

 

Mention en poésie classique Francine ROBERT

Monsieur DAO HUU BAO Dominique

35880 LASSY

 

 

 

 

 

LE CHAT

 

Là, sur le canapé, le félin s’est assis

Et de ses yeux mi-clos, surveille sa maîtresse,

Il guette sur la table un bout de pain rassis,

S’étire longuement et sort de sa paresse.

 

Avec son long poil roux et son nez aplati,

En rien il ne ressemble au vieux chat de gouttière,

On dit qu’il est persan, nul ne l’a démenti,

Il est sans doute issu d’une lignée altière.

 

Ses beaux yeux enfouis dans l’épaisse toison

Donnent un air rêveur à l’animal placide,

Il sait qu’il est le roi, veilleur de la maison,

Défend son territoire et c’est lui qui décide.

 

D’une femme éplorée il est le compagnon,

Le meilleur confident, le seul ami fidèle,

Il console sa peine et se montre mignon,

Comble sa solitude en gardien modèle.

 

Mention en poésie classique Francine ROBERT

Madame ESNEU-BOUTRUCHE Eliane

50300 SAINT MARTIN DES CHAMPS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La poésie libre

 

L’ENFANT DE PLUIE

 

Il nous ignore au caniveau

l’enfant de pluie qui nous ressemble…

Nous faut-il, mon amour,

ensemble,

pleurer la rive inabordée,

les caravelles de papier,

le vent s’essouflant à comprendre ?

 

La mer est loin des innocences

où nous sautâmes à cœurs-joints !

Près des serpentes embouquées

nos mémoires ont jeté l’ancre

et l’encrier s’est renversé

sur la joue de nos pages blanches.

Larmes violettes,

un matin se sont perdus nos beaux navires.

Ne pleure pas,

c’est pour de rire !

 

Il nous sourit au caniveau

l’enfant meurtri des connivences,

l’enfant de pluie qui nous ressemble…

Regagnons mon amour,

ensemble,

en caravelles de papier

la rive toujours espérée

malgré le vent gris de novembre.

 

Premier prix de poésie libre

Monsieur VIEILFAULT Guy

77183 CROISSY-BEAUBOURG

 

 

 

 

 

 

LE MIROIR

 

Si mes yeux ne peuvent plus voir

Les jolies choses de la vie

Si mon cœur n’est plus qu’un trou noir

Et qu’il n’a plus aucune envie

Alors, je préfère m’en aller

De l’autre côté du miroir

 

Si mes larmes se sont taries

Pour ne plus jamais s’écouler

Si mes lèvres soudain s’enfuient

Sous la douceur de ton baiser

Alors, je préfère m’envoler

De l’autre côté du miroir

 

Si mon âme veut se fermer

A tout ce qui autour se passe

Si mon rire reste glacé

Ici, je n’aurais plus ma place

Alors, je préfère m’éloigner

De l’autre côté du miroir

 

Mais pour l’instant, rien de cela

Tout ce que je vois me transporte

J’aime le bien, souffre du mal

J’aime l’amour que tu m’apportes

Alors, je préfère rester

De ce côté-ci du miroir.

 

Premier prix de poésie libre

Madame COURTIN Paulette

17390 LA TREMBLADE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PLEUR DE ROSÉE

 

Visage carmin de la rose,

Pourpoint fripé, déchiré,

Rouge sang.

Robe caresse,

Amour blessé, 

Au velours ensanglanté.

Pleur de rosée,

Pur diamant,

De soleil étincelant.

J’ai embrassé mon Bien-Aimé,

Qui m’a offert son diadème

D’épines.

Larmes de sang, larmes

De joie indicible.

 

Deuxième prix de poésie libre

Monsieur HYBERT Gilles

85280 LA FERRIERE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE SOLITAIRE

 

Il sème les souvenirs

Comme le petit Poucet les cailloux

Autant de repères pour allumer les jours.

La solitude partage son quotidien

Il lui faut ensoleiller les brumes du silence

Et dessiner des mots sur les vitres embuées.

 

C’est ainsi qu’il retrouve

La trace de l’enfance

Et fait sourire les heures.

Il chante dans son cœur

Le vent léger des soirs d’été

Où tintinnabulent les rires clairs du passé.

 

Souriantes les attentes papillonnent

Les oublis ont la légèreté des fleurs

Et sur les pentes du chagrin

Glisse la douceur de vivre

C’est ainsi qu’il récolte au long des chemins

La certitude d’exister.

 

Deuxième prix de poésie libre

Madame FAUCHEUX Nicole

19130 VOUTEZAC

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TA JEUNESSE

 

Ta jeunesse,

Mon enfant,

Elle éclate

Elle éclate ma tête

Elle la fend,

Elle bondit

Quelle furie, ta jeunesse

Elle fait « Boum ! » dans mon cœur

Elle bat fort

Elle est forte

Elle fait « Vroum… »

Elle roule, elle court, elle court

Elle saute

Saute aux yeux

Elle éclate

Je suis coite, écarlate et béate

 

Ta jeunesse

Elle explose

Elle bondit, la chipie

Je perds mes rimes, rimes de mamie

Elle dépoussière devant ma porte

J’éternue

J’évacue

Les pollens, acariens

Etouffants de toute sorte

Et je ris

De cette vie que je sens dans tes veines

Et je ris

Moi qui suis deux fois toi, peut-être même trois…

 

Ta jeunesse

Fait revivre……… la mienne

 

Troisième prix de poésie libre

Madame CLEMENT-CROUE Françoise

85530 LA BRUFFIERE

 

 

JOUR DE TEMPÊTE

 

Quand dans le crépuscule

Gémissent les grands arbres,

Sous les coups de butoir

D’un vent démoniaque,

Je me blottis tremblante

Dans un lieu plus douillet,

Sous mes draps insomniaques.

 

L’air glacial s’infiltre

Dans le moindre interstice,

Balaye la maison,

S’arrête devant l’âtre.

Quelques rares mais hardis corbeaux

Tournoient encore

Au rythme des rafales de plus en plus violentes.

 

Et dans la nuit qui tombe,

La pluie s’abat ardente

Et cingle la nature

Comme pour la punir.

Des branches arrachées

Tournoient en rondes folles.

Des toits bien maltraités

S’envolent les lourdes tuiles.

 

C’était il y a longtemps !

La tempête du siècle

Commençait ainsi ses ravages

Douloureux, terrifiants.

 

Troisième prix de poésie libre

Madame BETBEDER Marcelle

18000 BOURGES

 

 

 

 

 

 

 

AUBE

 

Dans un rayon de tulle blanc

S’est dessiné le visage de l’aube

Elle a souri désarmée

Lorsque la nuit s’est échappée

A tire-d’aile comme un papillon

 

Au rivage de ses yeux

J’ai vu la blondeur de ses cheveux

Une allure éolienne

Qui s’invitait dans le mouvement du monde

Où la porte du cœur

S’ouvre à chaque instant sur le temps

 

Au rivage de ses yeux

J’ai vu l’intensité de l’éphémère

Lorsque dans un rayon de nuit

Elle et la lune se sont mises à rire

Jusqu’à ce que le jour

Boive la dernière goutte d’encre

Dans le ciel

 

Troisième prix de poésie libre

Monsieur DUCHEMIN Christophe

33560 CARBON BLANC

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RUMEUR POETIQUE

 

Des images me reviennent

comme cette châtaigne endormie

sous une feuille qui me fait regretter

l’automne et ces débuts de nuit

où naissent des étoiles sans nom.

Des réalités me fuient dans les rues

où les chats affichent une somnolence

qui me ressemble.

Tandis que des gouttes de rêves

glissent sur la lune,

un hasard s’octroie les mémoires

d’une chimère avant de disparaître

dans les nuages à la barbe blanche.

Derrière les façades des maisons,

on devine quelque chose d’assoupi,

quelque chose qui a tout d’un souvenir

puisqu’il n’inquiète plus le temps,

ni les passants qui enferment en eux

l’âge des choses.

Rien ne s’endort vraiment au bout des jardins

où des éternités enfantines savent tout

de la sincérité de nos jeunes années

qui s’en vont un jour vers une saison

où l’adulte devient ce qu’il peut devenir.

 

Mention en poésie libre

Madame FORVEILLE Sylvie 

53940 SAINT BERTHEVIN

 

 

 

 

 

 

 

 

MES YEUX DANS LES TIENS

 

Je n’avais plus rien à dire que vous ne puissiez entendre.

Après ce corps à corps faisant suite aux caresses

Quand les cœurs se reprennent et les souffles s’apaisent,

Les sentiments muets s’expriment face à face.

 A l’instant où l’âme transparaît, sublimant le visage,

Je n’aurai jamais eu les yeux tant accrochés aux vôtres.

Après vos caresses mon amour, je guettais vos prunelles

Vos doigts n’auront pas cousu ma vie, mais réveillé mon corps.

J’avais reçu des torrents de tendresse, et arrêté le temps

Je ne désirais pas que tu me quittes et me sentais si bien

Je n’aurai pas eu le cœur de passer, sans te voir me fixer ainsi.

L’ombre de l’amour m’a poursuivie sans suite et toi tu es là,

Au-dessus de moi, tes yeux si doux, si tendres, me caressant

Brossant comme un peintre mes traits de tes regards heureux

Tous les deux tranquilles, moulant nos chairs en un seul corps.

Instants d’ors et d’amour partagé, notre seule richesse.

Nos sourires échangés comme promesses d’amants apaisés

Qui se comprennent enfin et se savent comblés pour toujours.

 

Je n’avais plus rien à dire que vous ne puissiez entendre.

L’âme du poète n’a plus écrit un mot sur cet amour tout neuf,

Mais l’accroche-cœur de ton regard me restera longtemps

Sans cesse tes yeux éperdus parcourant mon visage,

Et ce sourire qui les illuminait, ont gravé dans mon âme

Cet instant que j’attends de retrouver encore

Tu semblais si heureux, j’aurais pleuré pour ça.

 

Mention en poésie libre

Madame BIDOIS Françoise

85480 FOUGERE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

METTONS NOS RÊVES EN COULEUR

 

Mettons nos rêves en couleur

Qui mêlent souffrance et candeur

Et ces idées qui, dans la tête

S’entrechoquent ou font la fête,

Nos désirs d’expressivité,

Les accents de la vérité,

La déraison de nos mensonges

Et le trop-plein de tant de songes.

 

Quand tout sur la toile s’écrit,

Un pleur, la stridence d’un cri,

Le fort pétillement du cœur

Et tant de grâce et de douceur,

Mettons nos rêves en couleur,

Faits d’espérance et de bonheur

Et ces idées qui, dans la tête

S’illuminent et font la fête.

 

Mention en poésie libre

Monsieur VIVIER Jean-Paul

85000 LA ROCHE SUR YON

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La poésie CLASSIQUE PRIX IRÈNE DEVAUX

THÈME IMPOSÉ  ‘LA FAMILLE’

 

 

AU CŒUR D’UNE FAMILLE

 

Je voulais quatre murs, un toit de tuiles roses

Pour abriter nos jours, nos nuits, évidemment ;

Nous avons fait bâtir entre pommiers et roses

Un simple nid d’amour tenant notre serment.

 

Tu rêvas d’un jardin pour planter le sarment

Et dans ton potager, transpirant sous l’ormille,

Tu cultivas l’espoir que naisse une famille

Pour enrichir nos cœurs d’un nouveau diamant.

 

Quand notre aîné naquit, oh la douce ramille

Que tu cueillis heureux dans le creux de ta main

Imaginant déjà des jeux sous la charmille,

-Fierté d’un jeune père à l’aube d’un demain !-

 

Bougie après bougie on vit choir des quenottes

Jusqu’à ce jour béni de nouvelles menottes,

Faisant s’émerveiller grands-parents et cousins.

 

Moi qui n’avais connu ni la sœur ni le frère,

J’appris à supporter le poids de l’arbitraire

Les jours où s’invitaient quelques petits voisins !

 

Aujourd’hui la maison berce son chant d’automne,

Ce silence soudain nous surprend, nous étonne ;

Allons voir si la treille a mûri ses raisins !

 

Premier prix de poésie classique Irène DEVAUX

Madame POIRIER Annie

85130 SAINT MARTIN DES TILLEULS

 

 

 

 

NOTRE ARBRE GÉNÉALOGIQUE

 

De branches en rameaux, sur notre arbre ancestral,

Mon esprit vagabonde en ce royaume astral.

Revivent nos aïeux au tréfonds de mon âme,

S’exhalent leurs talents que ma mémoire acclame.

 

Glorieux ou discrets, leurs terrestres destins

Donnent vie à mes pas et m’offrent leurs butins.

Patrimoine vital qui coule dans mes veines,

Tu me berces d’exploits aux confins des Cévennes.

 

Je le vénère encor notre illustre ascendant.

Au péril de ses jours, ce mortel, trépidant,

Fort de sa foi, sauva, seul, sans peur, en galoches,

L’église et ses trésors, ses sculptures, ses cloches.

 

Et j’honore chacun des maîtres papetiers,

Fils de croisés venus promouvoir leurs métiers,

Féconde frondaison d’où naquit notre mère,

L’ange de nos printemps par-delà l’éphémère.

 

Et vous tous : amiral, boulanger, colonel,

Ouvrier, ingénieur au souffle fraternel,

Vous donnez à mon cœur votre force suprême

Et j’avance vers vous, ô famille que j’aime.

 

Deuxième prix de poésie classique Irène DEVAUX

Madame CORNUAT Marie-Thérèse

85100 LES SABLES D’OLONNE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA FAMILLE… UN ARBRE GÉNÉREUX

 

Un bel arbre ancestral a planté ses racines

En pays vendéen… et trois pieds de glycines

Ont caché les amours de nos tendres aïeux,

Fondant cette famille au futur radieux.

 

 

Leur « essence de vie » en coulant dans nos veines

A su multiplier, comme poussent les chênes,

Les regains dont l’honneur est notre hymne sacré

Dans l’écrin de nos cœurs restera bien ancré.

 

Et nous voici nombreux accrochés à ses branches,

La souche nous cisèle en pétales pervenches,

Un bouquet si touffu, qui sans peur se comptait

A donner des fruits mûrs, sans pépins s’il vous plaît !

 

« La voix des ascendants tendrement nous murmure

Profitez des bonheurs offerts par la nature

De tendresse et d’espoir soyez porte drapeau

Pour vous petits enfants, l’exemple sera beau ! »…

 

Dans le jardin fleuri comme un essaim s’empresse

Autour des grands parents, diffuser l’allégresse

La valse des baisers guérit tous les tourments

Embaume leur automne au souffle du printemps !

 

Ainsi passe le temps au cadran de l’horloge

Comptant les échelons, parfois je m’interroge…

Devant nos chers bambins deux cœurs à leur blouson

Descendants vendéens honorant leur blason !

 

Deuxième prix de poésie classique Irène DEVAUX

Madame CLAUTOUR Jacqueline

47400 VARES

 

 

 

La poésie CLASSIQUE

THÉME IMPOSÈ ‘GUERRE ET PAIX’

 

APRES LA GUERRE, LA PAIX

 

Là-bas près de Kaboul, ils sont allés mourir

Et s’étaient engagés, espérant revenir.

Leur famille ils quittaient, tous à la fleur de l’âge,

Remplis de leur vaillance et forts de leur courage.

 

Tous ces soldats de France avaient beaucoup d’espoir,

Stopper le terrorisme était là leur devoir,

Ils sont partis très fiers avec la seule envie

De servir leur pays en préservant leur vie.

 

Mais hélas le destin le voulut autrement,

En oubliant leur âge il a cruellement

Fait tomber loin d’ici de braves militaires

En tuant ou blessant ces jeunes volontaires.

 

Pour leurs frères afghans, rêvant d’égalité,

Ils se sont défendus, ensemble ils ont lutté.

Mais pour goûter la paix, si fragile équilibre

Il faut payer très cher le bonheur d’être libre.

 

Premier prix de poésie classique thème imposé

Madame BERGER Eliane

85320 MAREUIL SUR LAY

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FUITE DANS LA NUIT

 

Dans la nuit, pas un bruit. A l’abri du regard,

Hagard,

Pieds nus dans la forêt, à tâtons, il avance :

Errance.

 

Sa case incendiée, étouffant de douleur,

De peur,

Il s’enfuit, exilé, pourchassé par la guerre,

Sans terre.

 

Aux aguets, craintif, seul, las, sans but, où aller ?

Hurler !

Il porte dans son cœur la haine vengeresse,

Détresse.

 

Ces visages sans vie et ces yeux suppliants,

Mourants :

Il trébuche, soudain, hanté par les images

Sauvages.

 

Sa femme, ses enfants, massacrés, violés,

Brûlés.

Il pousse un hurlement, cri de désespérance…

Silence…

 

Deuxième prix de poésie classique thème imposé

Monsieur HYBERT Gilles

85280 LA FERRIERE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

QUAND L’HOMME DEVIENT MONSTRE

 

Comment avez-vous pu, vous monstres sans pitié,

En plus de nos soldats, vous attaquer aux femmes ?

Je n’oserai citer les paroles infâmes

Qu’alors vous leur crachiez de votre inimitié.

 

Ils étaient donc si loin, les bras de votre mère

Quand vous forciez leurs corps à vivre l’impudeur,

En mutilant leurs seins, vous calmiez votre ardeur

En buvant au pouvoir de cette ivresse amère.

 

Elles ont tant lutté, s’accrochant aux barreaux,

Au nom de Liberté, pour trouver le courage

De taire leurs secrets en face des bourreaux !

 

J’ai lu l’atroce hier mais aujourd’hui j’enrage,

Nous traitons de la guerre en termes masculins,

De sa féminité nous sommes orphelins.

 

Deuxième prix de poésie classique thème imposé

Madame POIRIER Annie

85130 SAINT MARTIN DES TILLEULS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MAUDITES SOIENT LES GUERRES

 

Le soir quand je m’endors dans le troublant silence

Entre mes draps soyeux, mon âme en évidence

Vagabonde toujours… ces cauchemars affreux

Les guerres sont l’enfer… et mon cœur est fiévreux.

 

Dans ces pays meurtris sous le ciel des tropiques

Et dans le monde entier, comme des loups sadiques

Les hommes sont cruels ! Ils font régner l’horreur

Entre frères de sang, toujours avec froideur !

 

Fuyant l’atrocité sur leur route en errance

En quittant leur patrie endurent la souffrance

Des orphelins blessés… des familles en deuil

Qui n’ont pu tristement prier sur un cercueil !

 

Combien faut-il de temps… pour que le mal s’achève

Le souhait de l’humain, c’est que le jour se lève

Autour d’un feu de joie unir tout simplement

Les gars pleins de ferveur en faisant un serment.

 

Plus jamais de combats sur le sol de leurs pères

Dans la sérénité voir sourire leurs mères

Des champs ensemencés, des jardins pour enfants

Des magasins garnis, tout comme au bon vieux temps.

 

C’est l’amour du prochain qui peut sauver le monde

Non, plus de sang versé ! Plus de mitraille immonde

Pieusement soudés, fraternels désormais…

Qu’un idéal vainqueur apporte enfin la paix !

 

Troisième prix de poésie classique thème imposé

Madame CLAUTOUR Jacqueline

47400 VARES

 

 

 

 

 

 

 

 

GUERRE ET PAIX

(1914 et 1918)

 

Août mil neuf cent quatorze, adieu la Belle Époque

Car sous un ciel d’orage, ont sonné les tocsins,

Grand-père a dû partir et ce soir, je l’évoque,

Il laissait là sa femme ainsi que trois bambins.

 

Grand-mère avec vaillance a su tenir la ferme

En ne ménageant pas sa peine et ses efforts,

De l’horrible conflit, elle espérait le terme,

Tant de noms couvriraient les monuments aux morts.

 

Les enfants ont grandi, souffrant de cette absence,

C’étaient mon père, Agnès et la jeune Léa,

Ils ne comprenaient guère et dans leur innocence,

Comme d’autres gamins, attendaient leur papa.

 

Grand-père est revenu, fatigué par la guerre,

Tel que ses bœufs vieillis ployant au moindre faix,

Il a mis ses sabots et labouré sa terre,

Fin mil neuf cent dix-huit, on retrouvait la paix !

 

.

 

Troisième prix de poésie classique thème imposé

Madame DOUSSAINT Monique

85310 NESMY

 

 

 

 

 

 

 

 

POÈSIE LIBÉRÉE

PRIX DU CONSEIL GÉNÉRAL DE LA VENDÉE

 

 

 

AU CLAIR DE LA LUNE

 

Sous les yeux de la pleine lune,

S’est mis à chanter le grillon

Et le bambou avec sa plume,

Dans l’air a tracé un sillon.

 

Cerclés dans leur enclos de pierre,

S’étalent en chœur les tabacs

Tandis qu’au mur grimpe le lierre,

Escorté par le chasselas.

 

Sous le marronnier séculaire,

Dansent en rond les capucines.

Main dans la main, calcéolaires

Semblent plonger dans la piscine.

 

En groupe, les légumineuses

Veulent narguer les fleurs timides

Tandis que blanches scabieuses

S’égouttent sur la terre humide.

 

Premier prix du Conseil Général de la Vendée

Madame GODIOT Nicole

44110 CHATEAUBRIANT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA SOURCE

 

Pendant des siècles, j’ai traversé lentement,

Des vallons rocheux et des terrains sablonneux,

A ce moment-là, je n’étais qu’une enfant.

Je m’écoulais goutte à goutte, doucement.

Pour sortir de ces inquiétants et obscurs lieux,

De la roche, une anfractuosité

Me permit de sourdre et trouver la clarté.

J’ai su que pour la vie des hommes, leur santé,

J’allais être utile, indispensable,

Devenant « quelqu’un », aimé et charitable.

Depuis lors, j’ai coulé, sans jamais m’arrêter,

Désaltérant grand nombre d’enfants assoiffés,

Me prenant dans leurs mains, m’avalant goulûment.

Même les étés secs, j’ai répondu présent.

Du désert, l’eau a jailli d’un coup de bâton,

Accédant aux besoins d’une population.

Chaque jour, hommes et animaux abreuvons,

C’est pourquoi vous tous, les humains, protégez-nous les sources,

Protéger la terre pour garder en eau vos ressources.

 

Deuxième prix du Conseil Général de la Vendée

Monsieur JOGUET Yves

85200 FONTENAY LE COMTE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’HOMME INVISIBLE

 

A l’abysse du cœur sommeille une souffrance

Qui taraude l’esprit, pèse comme un fardeau.

Dans l’intime mutisme attestant sa naissance

Est tapi l’abandon qui lui colle à la peau.

 

Resurgit du néant le père sans visage

Tel un homme invisible au masque libertin.

Au cours de sa jeunesse où il  était volage,

Il sema une graine en faisant un câlin.

 

De l’étreinte d’amour, naquit un bébé rose ;

Adulte maintenant cherche paternité !

Recueillir un indice, un petit quelque chose

Qui coule dans ses veines, preuve d’hérédité.

 

Puis s’impose une image à la forme illusoire

Dans un monde muet se recroquevillant

Où l’ombre de l’absent plane dans la mémoire,

Toujours en filigrane un profil ressemblant.

 

C’est une plaie ouverte aux confins de la vie

Un long chemin de croix pour voir son géniteur.

Quelle est sa couleur d’yeux, ses traits quand il sourit

Comme on lui a décrit le charme séducteur ?

 

Dans un voile d’ouate à l’aura d’un beau rêve

S’attarde l’espérance en quête de racines

Et le temps saura-t-il tout au bout de la grève

Combler la place vide en ôtant les épines ?

 

Deuxième prix du Conseil Général de la Vendée

Madame GUICHENEY Claudine

33210 LANGON

 

 

 

 

 

 

 

J’AIME MUSARDER

 

J’aime musarder sur la lande

Ancrée de callunes, d’ajoncs,

Sentir la généreuse offrande

Des souffles iodés sauvageons.

 

J’aime scruter la nue badine

Aux hydres et dracs éthérés,

La nitescence libertine

De l’océan décoléré.

 

J’aime écouter les asphodèles

Bourdonnantes des apidés,

Le scie aiguisée des saut’relles

Concert des soleils de l’été.

                                                                          

J’aime veiller les crépuscules

Quand ils empourprent le jusant,

Les mats lointains qui déambulent

Attirés par l’autre versant.

 

J’aime m’assoupir dans l’arène

Contre le dos rond d’un rocher,

Me rêver placide dolmen

Jusqu’au bout des temps enchâssé,

 

Ou fauvette réincarnée

Chaque aube à l’aiguail abreuvée.

 

Troisième prix de poésie du Conseil Général de la Vendée

Madame  LEBON-GOGLY Dany

44260 LA CHAPELLE LAUNAY

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

QUAND LE SOLEIL LAISSERA PLACE A LA LUNE

 

Quand le soleil laissera place à la lune,

Seuls, nous partirons tels de jeunes adolescents,

Main dans la main, errant sur des quais de fortune,

Cacher notre grand amour comme de jeunes amants.

 

Quand le soleil laissera place à la lune,

Tous les deux nous partirons devisant gaiement,

Par les petits sentiers enfantés par la dune,

Pour nous enivrer d’amour inlassablement.

 

Quand le soleil laissera place à la lune,

A la nuit nous partirons seuls, nous éloignant,

Le long de la rivière traversant la lagune,

Ciel, fais qu’il nous reste encore un peu de temps !

 

Troisième prix de poésie du Conseil Général de la Vendée

Monsieur GALLARD Gabriel

49770 LA MEIGNANNE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES RECUEILS

 

 

 

 

L’ÉCHELLE DU BONHEUR

 

Après un long hiver, le lourd chagrin s’endeuille.

 

Qu’importe alors l’endroit où l’être se recueille,

Il suffit d’une main qui dépose des fleurs

Gardant dans leur écrin quelques perles de pleurs,

L’âme d’un disparu lors se penche et les cueille.

 

Il existe un jardin aux multiples couleurs

Où clignent doucement les cils d’un chèvrefeuille

Obligeant une rose à repasser sa feuille

Quand les coquelicots se veulent enjôleurs.

 

Un fier volubilis à son entrée accueille

La tristesse traînant sa peine qui s’effeuille

Quand tinte le muguet repoussant les malheurs.

 

Il suffit donc parfois qu’un brin d’espoir le veuille,

L’échelle du bonheur retrouvant ses valeurs,

Grimpera jusqu’au ciel goûter le millefeuille.

 

Après un long hiver, le lourd chagrin s’endeuille.

 

Premier prix en poésie section Recueil

Poème tiré du recueil : « Á l’ancre de mon cœur »

Madame POIRIER Annie

85130 SAINT MARTIN DES TILLEULS

 

 

 

 

 

 

 

ECRIS-MOI

 

Ecris-moi des mots chauds

Comme des libellules

Des ailes dans le dos

Et des rires crapules.

Ecris-moi, toi le grand

Des chants comme des bulles

Des loups à grandes dents

Qui font peur et bousculent.

                                                                           Ecris-moi des poèmes

Qui sentent le bonbon

Assez simples quand même

Une fête aux marrons.

Ecris rien que pour moi

Des choses rigolotes

Pour que l’hiver, le froid,

Ne donnent la tremblote.

Ecris-moi que j’ai peu

Des contes de sorcières                     

Qui se noient dans les fleurs

Et la mousse des bières.

Ecris-moi des princesses

Et des princes charmants

Que l’amour tient en laisse

Et donne des enfants.

Ecris-moi ça Papa

Et fait briller la lune

Dans le creux de tes bras

La plus belle fortune !

 

Deuxième prix en poésie section Recueil

Poème tiré du recueil : « Poésie pour petites personnes »

Monsieur LECORDIER Pascal

69130 ECULLY

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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LE PALMARES DES  40° JEUX FLORAUX 2013

 

Monsieur HYBERT Gilles

 

 

Autres Auteurs des MORCEAUX CHOISIS

 - poètes récompensés aux derniers jeux floraux -

 

Monsieur SIMONET Dominique

Madame GALLOYER Marie-Claude

Madame FAUCHEUX Nicole

 Madame NEGRET Cécile

Madame LE MEUR-ROLLET Yvonne

Madame BARON Marie-Eugénie

Madame BETBEDER Marcelle

Madame GUIBERT Monique

Madame POIRIER Annie

Monsieur CHAUFFOIS Bernard

Madame FAUCHEUX Nicole

Monsieur SEGONZAC Fernand

Monsieur RAMIER Louis

Monsieur BROUSSY Maurice

Madame BERGER Eliane

Madame ESNEU-BOUTRUCHE Eliane

Monsieur LECORDIER Pascal

Monsieur VAN MEER Lucien

Monsieur MARNAT Pierre

Monsieur BARAUD Bernard

Madame BONNIER-VAN MEER Marie

Madame LARTIGUE Nicole

Madame GUICHENEY Claudine

Madame NEULAS BERMOND Brigitte

Monsieur LHOMMEDE Denis

Mademoiselle BITEAU Léonie

 

 

 

 

 

 

LES sonnets

 

 

AU SOMMET DE L’ART

Rodin songeait, assis… insondable penseur !

Son regard caressait les seins nus de la femme

Comme deux fleurs du mal, rouges roses d’une âme,

En artiste attentif se voulant ravisseur.

 

Tout vivait dans sa main : force, ardente douceur…

Feu, vérité, sculpture allumaient cette flamme

Du génie éternel que notre monde acclame

Alors qu’un temps, jaloux, se montrait dur, censeur.

 

Hugo, Balzac, figés dans l’airain ou le marbre,

A jamais resteront les racines d’un arbre

Qui buvait à la source, au long baiser d’amour.

 

Sa porte de l’enfer ouvre un abîme sombre

D’où le burin s’élance avec l’éclat du jour,

Pour fixer la lumière au plus profond de l’ombre.

 

Premier prix du sonnet

Monsieur SIMONET Dominique

De BOCE (49)

 -o-

 

LES NOIRS COQUELICOTS…

 

Les noirs coquelicots de la mélancolie

Ont les pétales lourds de pleurs et de regrets

Qui flottent en tombant des margelles de grès

Dans l’eau verte où descend le poids de ma folie.

 

Longtemps j’ai souhaité l’improbable embellie,

Te cherchant sur la digue entourant les marais,

Entre les longs talus dentelés de cyprès,

Festons de trahison sur une aube salie.

 

Je me suis étendu dans l’ombre des buissons

Espérant que tes mains calmeraient mes frissons

Et me réchaufferaient de leur ferme tendresse.

 

Alors tous les désirs que j’ai dû réprimer

Flamberaient sans tourment, montant sous ta caresse :

Tu serais de retour, simplement pour m’aimer.

 

Deuxième prix du sonnet

Madame LE MEUR-ROLLET Yvonne

De SAINT JACUT DE LA MER (22)

-o-

 

LES PALPITATIONS DE LA NUIT

 

Fatigué, le soleil a fermé sa paupière ;

Il plonge à l’horizon dans la brume du soir.

Un nuage carmin fume d’un encensoir

Quand l’astre, recueilli, joint ses doigts de lumière.

 

C’est l’heure du repos ; sans hâte, ma chaumière

Baisse les yeux, s’apaise et s’endort dans le noir.

Sous la voûte étoilée, immense reposoir,

Le vol muet d’un ange appelle à la prière.

 

Le souffle de l’horloge instille un sourd frisson.

Ses doigts industrieux, du temps font la moisson,

Tricotent sans répit, envoûtent le silence.

 

Le feu danse, pétille et brasille sans bruit.

Quand le jour s’assoupit, à l’ombre se fiance,

Je plonge dans le rêve où palpite la nuit.

 

Deuxième prix du sonnet

Monsieur HYBERT Gilles

De LA FERRIERE (85)

-o-

 

REFLETS

 

L’instant se fait plus doux au caressant chemin,

Quand s’offre l’échappée au regard qui festine.

Sous les hêtres si clairs qu’une mousse patine,

Il court de petits rus dans des lits brun carmin.

 

Le spectacle surprend : hors d’un cadre commun,

La lueur vient vers nous, brillante, adamantine,

Eblouissant nos yeux de son feu qui s’obstine :

Fervent soleil au cœur, quels souvenirs, demain !

 

Mirage du PAVIN : l’ineffable cratère

Dans le bleu nuit des fonds s’entoure de mystère.

Vaguelettes, dansez d’illuminants ballets !

 

Au soir, le vent se tait. La brume vespérale

Engloutit à jamais les fabuleux reflets,

En nimbant de son fard leur mouvance lustrale…

 

Troisième prix du sonnet

Monsieur RAMIER LOUIS

De BOURGES (18)

-o-

 

LES BRUMES DU TEMPS

 

Je ne te verrai plus manoir de ma naissance ;

C’est fini pour jamais ; adieu tendres instants !

Le destin suit son cours et ses flux persistants

Enveloppent les cieux dans leur évanescence.

 

Au sein des tourbillons en leur inflorescence

Tout prend vie et se meurt sous les brumes du temps,

Puis venus hors des mers les souffles irritants

Font éclore la haine ou la déliquescence.

 

Tout gémit et palpite en le chaos des jours

Et nos moments heureux s’estompent pour toujours

Dans les troublantes nuits ou les clartés de l’aube.

 

Or l’immense Nature insufflant nos émois

Hante l’éternité, se transforme et s’enrobe

Dans d’autres floraisons parmi le flux des mois…

 

Troisième prix du sonnet

Monsieur BROUSSY Maurice

De LE VAUDREUIL (27)

-o-

 

DE GOREE

 

Il est une maison d’ocre et de rose peinte,

Vibrant dans la splendeur d’un soleil indécent,

Malgré le lourd ressac de la mer rugissant,

L’on y perçoit parfois comme une vague plainte.

 

Une honte vivace  a laissé son empreinte,

Le cliquetis des fers aux chevilles en sang,

Le claquement du fouet, métronome incessant,

Sur le mur cette trace, une larme qui suinte.

 

Des rives du grand fleuve au plus noir des forêts,

Guerriers mandingues, peuhls ont été capturés,

Razziés par les leurs avec sauvagerie.

 

Il importe Griot qu’à chacun vous contiez

L’effroi du Bois d’ébène, encaqué sans pitié

Dans l’enfer exigu de cette esclaverie.

 

Troisième prix du sonnet

Madame GALLOYER Marie-Claude

De MESNIL LE ROY (78)

-o-

 

SOUVENIRS CULINAIRES

 

La saveur d’un repas tient du plaisir intime.

Les recettes d’antan se passaient en secret

Emblèmes d’un terroir, reçus tel un décret

Que les mères léguaient ainsi qu’une œuvre ultime.

 

Cuisiner par amour, quel bonheur légitime !

Le partage peut être un sentiment concret

Un cadeau sérieux, munificent, discret

Qui parle d’amitié tout autant que d’estime.

 

Les gens de mon pays sont d’exigeants gourmets.

Leur préparation donne du charme aux mets

Remplissant les maisons d’une odeur alléchante.

 

L’arôme d’un civet parfois m'offre en surplus

L’aura d’un souvenir dont l’image m’enchante.

Son parfum délicat ne me quittera plus.

 

Mention sonnet

Madame LARTIGUE Nicole

De SAINT CYR SUR LOIR (37)

-o-

 

lA POESIE CLASSIQUE

 

 

LE BRAME

 

Quand le halo nacré de la lune bien pleine

En rive des grands bois éclabousse la plaine,

On va par les layons des anciens chevriers

Ou les sillons pierreux aux chaumes meurtriers.

 

A l’affût, frissonnant sous la bise automnale,

L’on traque le dix-corps qu’un lourd fracas signale,

A contre vent tous deux, à couvert des fourrés,

Sans un bruit que celui de nos cœurs apeurés.

 

De tertres en vallons, un grondement cascade,

Alors craignant l’ardeur d’un mâle en embuscade

S’effarouchent la biche et son cabri de l’an

Par mégarde égarés, du harpail s’affolant.

 

Lorsqu’un cri fend la nuit, cornant ce qui se trame,

Cette invite à la guerre, à l’amour qu’est le brame,

Il apparaît enfin dans la noire clarté,

Superbe et triomphant, le cerf en majesté.

 

Premier prix de poésie classique

Madame GALLOYER Marie-Claude

De MESNIL LE ROY (78)

-o-

 

FEMME… FEMME

 

Il la contemple au bain, séduit par sa beauté.

Sur son sein frémissant, descendant en cascade,

La chevelure blonde offre à cette naïade

Un profil virginal, native nudité.

Femme innocence à son aurore,

Source pure qui vient d’éclore.

 

Attentive, muette, auprès de son époux,

Elle serre sa main, allège sa souffrance.

Elle essuie une larme et sourit en silence,

Caresse le malade avec un regard doux.

Femme-épouse, à l’amour fidèle,

Forte dans l’épreuve cruelle.

 

 En hâte, elle se lève au milieu de la nuit,

Console d’un baiser le chagrin, la détresse

Du petit qui gémit, du grand que l’amour blesse.

Elle écoute l’angoisse, elle apaise l’ennui.

Femme-tendresse, un cœur de mère

De ses enfants est la lumière.

 

Femme, mère-berceau, souriante bonté,

Femme épouse, fontaine où s’abreuve la vie,

Femme… femme dont l’âme à l’amour nous convie,

Je voudrais te chanter, Dame, pure clarté.

                   

Deuxième prix de poésie classique

Monsieur HYBERT Gilles

De LA FERRIERE (85)

-o-

 

LONDRES

 

En ce mois de juillet, en leur prime jeunesse,

Les rosiers flamboyaient dans les jardins anglais,

L’orgue de Westminster avait pris le relais

Pour marier son Prince  la foule en liesse.

 

Soudain on entendit un bruit assourdissant,

Pêle-mêle des corps s’écrasaient sous la terre,

Car, pour brûler le cœur de la vieille Angleterre,

Quelqu’un avait osé vêtir Londres de sang…

 

Pourquoi faut-il toujours retenir un otage,

Sacrifier des gens au nom de la terreur,

Subir le châtiment des humains en fureur

Dont le seul idéal est la mort en partage ?

 

Pourtant, la vie exulte aux chants du troubadour,

Pour la Paix un enfant a lâché la colombe,

Mais il faudrait que tous, afin d’aimer le Monde,

Nous ouvrions nos cœurs en un geste d’amour…

 

Deuxième prix de poésie classique

Madame BARON Marie-Eugénie

De ROCHEFORT SUR MER (17)

-o-

 

LE PUITS AUX ROSES

 

Qu’il était beau ce puits ! L’air vieillot et charmant,

Il donnait sa fraîcheur, petit coin reposant.

Des roses l’habillaient, formant une tonnelle,

Leur parfum embaumait auprès de la margelle.

 

Mais certains ont voulu le rendre plus joli,

On ôta la verdure ainsi que le crépi.

Puis on le mit à nu, refaisant sa façade,

Retirant le muret servant de palissade.

 

Qu’il est triste aujourd’hui, plus de rosier grimpant,

A peine quelques fleurs près d’un lierre rampant !

Il est presque oublié, cela c’est une injure

Pour lui qui, sans compter, donnait son eau si pure.

 

Quand je passe à côté, bien sûr j’ai du regret,

Mais tout au fond de moi, j’ai toujours en secret

L’agréable senteur qui m’était familière,

Ainsi je le revois comme il était naguère.

 

Troisième prix de poésie classique

Madame BERGER Eliane

De MAREUIL SUR LAY (85)

-o-

 

LE CROISSANT DE LUNE

 

Il me poursuit de son regard

Et dans la forêt m’accompagne,

Fort prévenant à mon égard,

Me fait parcourir la campagne.

 

Guidant mes pas sur le chemin,

Il me propose un long voyage

Toute la nuit jusqu’à demain,

Sous la ramure et le feuillage.

 

Quand je m’assieds sur son vaisseau,

J’y fais un rêve fantastique,

A cheval sur ce bel arceau,

Dans une danse acrobatique.

 

Ami des astres de la nuit,

Je reviendrai là sur la dune,

Chaque fois que je jour s’enfuit,

Pour guetter le croissant de lune.

 

Troisième prix de poésie classique

Madame ESNEU-BOUTRUCHE Eliane

De SAINT MARTIN DES CHAMPS (50)

-o-

 

MONTS PYRENEENS

 

Ô, monts pyrénéens surplombant les ravins !

Frontons d’abrupts rochers ; Ô cimes de mes songes !

Loin des bruits des cités, des haines, des mensonges,

Vous êtes animés par des souffles divins…

 

De vos dards crénelés vous percez les nuages

Qui voguent nonchalants en féerique ballets

Illuminés parfois par de vifs feux-follets

Lorsque sur vos sommets éclatent des orages.

 

Pics dressés hardiment sous la clarté des cieux,

De vos flancs tailladés chutent des cascatelles

Formant des friselis pareils à des dentelles

Et vos monts argentés semblent narguer les dieux.

 

Dès le soir vos pitons se nuancent de rose

Et vos sapins moires, vos gaves bouillonnants

Profilent leurs décors tourmentés, fascinants

Sous le zénith serein telle une apothéose…

 

Troisième prix de poésie classique

Monsieur BROUSSY Maurice

De LE VAUDREUIL (27)

-o-

 

AU JOLI MOIS DE MAI

 

Au joli mois de mai, premier vagissement

Qui se fit bien entendre à l’aube encore blanche

Malgré le chuchotis d’un oiseau somnolent

Naissait un bébé rose au salut d’un dimanche.

 

Un couffin en osier m’accueillit bras ouverts

Entre des draps écrus brodés par ma grand-mère.

Sous un duvet douillet crocheté de fils verts,

Je sommeille ce jour dans un monde lumière.

 

Ce cadeau de la vie irise de bonheur

Mes tous jeunes parents nichés dans la campagne,

Qui chantent leur berceuse empreinte de pudeur,

Blottis l’un contre l’autre en buvant du champagne.

 

L’Espagne et l’Italie ont su faire un enfant

La France le témoigne en sa belle écriture

Et l’amour sans frontière au pouvoir fécondant,

En toute liberté confesse l’aventure.

 

Sur l’esquif de ce monde, un passeport de cœur

Ecarte le racisme en démontrant la preuve,

Car aimer se conjugue au parfum d’une fleur !

La passion divine à la source s’abreuve…

 

Mention de poésie classique

Madame FAUCHEUX Nicole

De LE LANGON (33)

-o-

 

La poésie libre

 

RENTRONS

 

Craquent les heures chaudes

Au faîte des grands pins

Le vent et sa chanson

La ritournelle des nuages

Posée sur les lèvres du silence.

 

Et la danse des vagues

Rythme les saisons

De rêve

Où l’âme légère

Vogue sur la mer.

 

Au front des flots

Les mèches bouclées

Ondulent sur la plage

Sensuels frissons

Au cœur du jour.

 

Derrière la barrière des cils

Abandon facile

Aux caresses de l’été

Sur les îles tranquilles

De l’amour partagé.

 

Une écharpe de brume

Se lève à l’horizon

Frissonne la peau de l’océan

Tangue le vol des oiseaux

Le soleil prend l’eau.

 

Il est tard

Rentrons.

 

Premier prix de poésie libre sans thème

Madame FAUCHEUX NICOLE

De VOUTEZAC (19)

-o-

 

SPLEEN

 

Un lent battement d’aile

A froissé le silence, à l’orée des ténèbres.

Le murmure du vent s’enfle jusqu’au cri.

Le ciel poignardé par l’éclair hyalin

S’enflamme, se déchire.

Arabesques errantes dans l’espace vacillant.

La nuit blessée dérive, sertie d’or en fusion

Et l’ombre se dérobe

Ecartelée, mourante.

Un dernier roulement, l’orage s’en est allé.

Un lent battement d’aile

A froissé le silence.

 

Deuxième prix de poésie libre sans thème

Madame BETBEDER Marcelle

De BOURGES (18)

-o-

 

 VOYAGE EN CARTON

 

Un pays dans l’absence

Un autre monde sans aucun doute

La carte postale vient de si loin

Les images seules me suffisent.

 

J’aime ce voyage inattendu

Dans le dépouillement de l’or et celui du silence,

Le ciel d’un bleu hermétique délire.

Le vent divague à mes oreilles

Soulève des milliers de grains de sable.

 

A peine étonnée du poids de ma solitude

Je me retourne égarée dans ce paysage

Fondue dans l’oubli.

Il fait presque froid

Le désert transpire une certaine suffisance,

Un peu comme un mirage

Où la pluie aurait été présente.

 

Etrangement je me sais à ma place

Dans ce décor nu festoyant sous mes yeux

Où l’absence s’esquive aussi vite

Qu’une présence s’installe.

 

La terre se tait étrangère au défi

Plus de carte désormais, seulement la solitude

Et de chemin de sable où je marche

Avec le sentiment d’être accompagnée…

 

Deuxième prix de poésie libre sans thème

Madame GUIBERT Monique

De LA ROCHE SUR YON (85)

-o-

 

PRESQUE RIEN

 

C’est un soir où s’achève un repas au jardin

Un chandelier d’étain supporte quatre flammes

Vacillantes et claires

Dans la nuit tiède et bleue.

 

Sous la nappe trop longue

Nos jambes se rencontrent

Au milieu des paroles

Que nous n’écoutons plus

Assourdis de désir.

 

Tout en me regardant, tu demandes soudain :

« Qui viendrait avec moi, marcher près de la plage ? »

 

Sans un mot je me lève

Et te suis dans la nuit…

Qu’importe si les autres

Se retournent sur nous

Quand tu passes ton bras autour de mon épaule.

 

Troisième prix de poésie libre sans thème

Madame LE MEUR-ROLLET Yvonne

De SAINT JACUT DE LA MER (22)

-o-

 

LE DROGUE DU BOULOT

 

J’ai la vie décousue. Pareil au camionneur

Je mange du bitume au son sourd du moteur.

 

Je déjeune au routier d’une andouillette frite

Un café, l’addition, termineront le rite.

 

Il parait qu’on envie la vie du travailleur

Qu’en ce début de siècle, on craint d’être chômeur.

 

Quand arrive le soir, j’ai la tête bien lourde.

Mon hôtel une étoile a des toilettes gourdes.

 

Ses tuyaux dans la nuit m’abreuvent de glouglous.

Surtout qu’en plein hiver je dors dans un iglou.

 

Pourquoi plus je cotise et plus la pension baisse ?

Peut-on tenir l’âge de la retraite en laisse ?

 

Je fatigue mes jours comme un déménageur

Courbé sous le fardeau d’un bien trop lourd labeur.

 

Je ploie. Je plie. Mon dos se voute et je blanchis.

Ma peau se ride et se distend tel un torchis.

 

La fin de la semaine est comme un sanctuaire

Bordant les jours ouvrés d’un somptueux suaire.

 

J’ai bien trop abusé. Je finirai malade

Boulonné au travail, la mort en accolade.

 

Troisième prix de poésie libre sans thème

Monsieur LECORDIER Pascal

De CULLY (69)

-o-

 

LA FIN D’UN MONDE

 

Il courait, il courait toujours…

Mais il courait avec des hirondelles sous les semelles,

Des papillons sous les talons,

Des sauterelles au bout des orteils,

Un grillon téméraire au bout de chaque doigt…

 

Et son petit museau fouillait l’air sans contrainte.

 

Il courait sans profaner le sol.

 

Il volait sans laisser de trace.

Un oiseau laisse-t-il une trace dans l’air ?

 

Dès qu’il courait,

Son œil chatoyait de plus de facettes

Que celui de la libellule au regard diligent,

Et rien –non, vraiment rien !-

N’échappait à sa vigilance

De milan néophyte au bec de calcédoine.

 

Il arborait le corps bien potelé

D’un loustic de sept ans.

 

C’était encore un petit d’homme ;

Il deviendrait un petit homme

Avec le regard droit et la musculature

De l’Ephèbe d’Anticythère.

 

J’en étais sûre ! J’en étais sûre !

 

Et pourtant du seul chef d’un chauffard en cavale,

Il n’est plus qu’une case au damier communal…

 

Troisième prix de poésie libre sans thème

Monsieur VAN MEER Lucien

De SAINT NAZAIRE (44)

-o-

 

TERRE !

 

De loin on peut imaginer les paysages, lieux, maisons,

Les accents d’une région et la beauté des hommes !

L’imagination est une fée qui magnifie la vie de tous les jours.

La mer est restée égale à elle-même,

Semblable dans les siècles qui se sont suivis !

Quant à la montagne, elle n’a pas diminué de grosseur

Et le long de ses parois verticales,

Des alpinistes ont affronté le vide.

Ce que la distance nous masque,

Ce sont tous les travaux et les œuvres humaines.

Derrière l’horizon,  la terre continue de dérouler

Ses pays parchemins aux côtes différentes

Et dans leurs formes bizarroïdes,

Ils s’appellent « patrie !» « terre natale !» « continent ! »

Ils sont nos berceaux d’amour !

Sur leurs sols, nos premiers pas ont déposé leurs empreintes

Comme des petites ailes d’anges tombées dans le sable

Près des doux chuchotis

Des vaguelettes qui s’avancent et se retirent sans façon.

Les grands et les petits du monde

Ont commencé à marcher pareillement

Sur les trottoirs, les planchers, quelques chemins !

Pas de kilomètres au compteur,

Mais sur des petits bouts de monde,

Leurs pieds avaient imprimé les débuts de leurs histoires.

 

Mention de poésie libre sans thème

Madame NEULAS BERMOND Brigitte

De GRENOBLE (38)

-o-

 

LA Poésie A FORME FIXE

 

NE TIREZ PAS SUR LE POETE ! – ballade-

 

 L’oiseau qui chante en la ramure,

Un printemps doux et parfumé,

Le goût de la fraise ou la mûre,

Tout se décrit, beau, transformé.

Dans un quatrain vif et rimé

Claquent la vague et la tempête…

Rageur, tremblant ou désarmé,

Ne tirez pas sur le poète !

 

Le rêve est son unique armure…

Agressif, blessant, mal-aimé,

Quand le remord le claquemure

C’est Baudelaire ou Mallarmé.

Brillant parfois même acclamé

Comme un vainqueur, un grand prophète,

Il lutte aussi pour l’affamé,

Ne tirez pas sur le poète !

 

Etre flottant comme un lémure,

Le cœur léger ou sublimé,

Le vent qui tire son amure

Souffle les cris d’un opprimé.

Pour tout ce grain qu’il a semé,

Tons et couleurs à sa palette,

Peintre des mots sous-estimé,

Ne tirez pas sur le poète !

 

Envoi

 

Soldats ! Vers cet œil allumé,

Otez le doigt de la gâchette,

Il se veut un guide estimé, 

Ne tirez pas sur le poète !

 

Premier prix de poésie à forme fixe

Monsieur SIMONET Dominique

De BOCE (49)

-o-

 

SYMPHONIE AU JARDIN – la grande doublette -

 

Toute une symphonie anime mon jardin :

Dans son habit charbon, siffle d’un air badin,

Le merle qui se prend pour un vrai chef d’orchestre,

 

Roucoulent les pigeons, s’égosille le coq

S’essayant à mimer l’étrangeté d’un Rokh,

Lui qui du poulailler n’est que le vaguemestre !

 

Voici Dame la pie en superbe veston

Clamant au noir corbeau qu’il doit baisser d’un ton

Afin qu’un doux zéphyr pousse sa chansonnette.

 

Pleupleute le pivert sur le tambour du bois,

Tandis que le coucou perché sur le hautbois

Taquine le grand geai, jouant le malhonnête !

 

Les moineaux sur le puits un brin malicieux,

Ignorent un silence, avant qu’harmonieux,

Sur sa branche Pinson, se pose et puis fringotte.

 

Se joignent au concert les mésanges aussi,

Zinzinulent en chœur pour accorder leur si,

Avec la tourterelle en grise redingote.

 

Dans le ciel l’hirondelle laisse fuser son cri,

Caressant un nuage encor tout attendri

Que la belle ait choisi sa douce cotonnade…

 

L’alouette en plein vol lance sont tireli

Avant qu’un rossignol en sonnant l’hallali

Clôture enfin le jour avec sa sérénade…

 

Deuxième prix de poésie à forme fixe

Madame POIRIER Annie

De SAINT MARTIN DES TILLEULS (85)

-o-

 

LE PRINTEMPS – triolet –

 

Au loin pleure un violoncelle

Pour fêter la neuve saison,

L’enfant allume la chandelle,

Au loin pleure un violoncelle.

Chante et danse la jouvencelle,

Berçant ses émois à foison,

Au loin pleure un violoncelle,

Pour fêter la neuve saison.

 

Les amoureux sont sous le charme

Espérant de beaux lendemains,

Vêtus de velours mauve-parme, 

Les amoureux sont sous le charme.

Les étourneaux font du vacarme

Avec leurs amours des matins,

Les amoureux sont sous le charme,

Espérant de beaux lendemains.

 

Les roses déplient leurs soieries,

Le printemps ouvre ses fleurons,

Sur l’herbe jaune des prairies,

Les roses déplient leurs soieries.

Le soleil coud des broderies

Sur l’onde où nagent les vairons,

Les roses déplient leurs soieries,

Le printemps ouvre ses fleurons.

 

Deuxième prix de poésie à forme fixe

Madame BARON Marie-Eugénie

De ROCHEFORT SUR MER (17)

-o-

 

HIVER – rondel –

 

Souffle le vent gémit la plaine

L’hiver surgit à l’horizon

Le temps s’endort dans la maison

Près de l’âtre file la laine

 

Sur la braise trônant en reine

La châtaigne fruit de saison

Souffle le vent gémit la plaine

L’hiver surgit à l’horizon

 

Dans les labours corbeaux d’ébène

Trouvent des graines à foison

D’eux les frimas n’ont point raison

Passer l’hiver est nulle peine

 

Souffle le vent gémit la plaine

 

Troisième prix de poésie à forme fixe

Monsieur MARNAT Pierre

De BRETIGNOLLES SUR MER (85)

-o-

 

SI J’AVAIS SU… - rondel –

 

Le jour où j’ai rencontré Berthe,

Pourquoi suis-je sorti, pourquoi ?

J’aurais dû me planquer chez moi

Au lieu de courir à ma perte…

 

J’en appelle aux gens de Bizerte

Autant qu’à ceux de Charleroi :

Le jour où j’ai rencontré Berthe,

Pourquoi suis-je sorti, pourquoi ?

 

Battu, flétri, la face verte,

Je vis désormais sous sa loi.

J’aurais mieux fait de rester coi

Et de claquer ma porte ouverte,

Le jour où j’ai rencontré Berthe !

 

Troisième prix de poésie à forme fixe

Monsieur VAN MEER Lucien

De SAINT NAZAIRE (44)

-o- 

 

PRIX IRENE DEVAUX

La Poésie classique ou forme LIBRE  

 

LORSQUE JE PARTIRAI…

 

Lorsque je partirai sur le souffle du vent,

Resteront, sur mes pas, l’attachement du lierre,

Le souvenir ému de l’enfance écolière

Et l’éclat infini de ton amour vivant.

 

Je n’ai que des clichés pour aider ma mémoire

A tourner en silence autour de l’inconnu.

Si l’espace est profond et l’homme un fil ténu,

Toute âme vit encore au céleste grimoire.

 

Le vent dit sa musique aux flûtes des roseaux,

Comme un fleuve berceur aux berges de la vie.

Je veux garder, du temps, l’espérance et l’envie,

Le parfum d’une rose et l’hymne des oiseaux.

 

A quoi peut-il servir ce cri qui m’accompagne,

Si ce n’est pour chanter le plus secret espoir,

Et chercher vers le ciel, au silence du soir,

Cet appel lumineux d’un pays de cocagne ?

 

Mes mots sont des soleils qui naissent au matin

Pour briller chaque jour, repeindre la nature,

Et conduire au sommet de la belle aventure

Où me guide l’étoile ardente du destin.

 

Demain viendra, je sais, la nuit du chrysanthème,

Quand la mort vous appelle au creux du noir tombeau…

Mais si tu tiens mon cœur, cet éternel flambeau,

Ecoute cette voix qui te dira : « je t’aime » !

 

Premier prix de poésie section Irène DEVAUX

Monsieur SIMONET Dominique

De BOCE (49)

 -o-

 

LA PEUR

 

Le soleil, de ses feux, ensanglante les crêts ;

Lorsque tombe le soir, j’ai peur des rondes folles

Que les spectres des morts dansent en farandoles,

Chemisés de linceuls, dans le gris des forêts.

 

L’épaisse nuit s’étire en demi-teinte sombre,

Les ypréaux laiteux, de leur cristal feuillé,

Abritent le choucas au plumage endeuillé

Qui réveille d’un cri les fantômes de l’ombre.

 

L’alyte coassant rêve d’éternité,

Les pieds nus appuyés au bord d’une margelle ;

Dans le vétuste puits, où glisse une aquarelle,

Lui répond en écho le ciel épouvanté.

 

Certaine du retour de l’immortelle aurore,

J’ai cueilli des grains d’or aux flammes du ponant,

Je les irai jeter au cosmos déclinant

Et les roses demain… refleuriront… encore…

 

Deuxième prix de poésie section Irène DEVAUX

Madame BARON Marie-Eugénie

De ROCHEFORT SUR MER (17)

-o-

 

AMITIE AU GOÛT DE MIEL

 

Partir un beau matin dans la fraîche lumière.

La campagne frémit, s’ébroue à son réveil,

Offre un regard câlin pour charmer le soleil,

Exhibe ses atours à l’éclat éphémère.

 

Contempler dans le soir la mer incendiaire,

Quand le jour, fatigué, retrouve le sommeil.

La vague languissante et son reflet vermeil

Eveillent dans le cœur un envoûtant mystère.

 

Partager le repas, échanger à mi-voix

Fait éclore, entre amis, un bien-être de choix.

Chaque mot murmuré s’enrichit du silence.

 

Naît alors et sourit une grâce du ciel

                                      Qui nourrit, sans parole, une riche présence,

Une douce amitié, trésor au goût de miel.

 

Troisième prix de poésie section Irène DEVAUX

Monsieur HYBERT Gilles

De LA FERRIERE (85)

-o-

 

UN CASANOVA ENDURCI

 

Je reste un coureur de jupons,

Un péril pour les demoiselles.

Gare à vous, tendrons et pucelles,

Car j’ai toujours les doigts fripons !

 

Aujourd’hui, je vis sous les ponts

Mais l’amour me donnant des ailes,

Je reste un coureur de jupons,

Un péril pour les demoiselles.

 

Du soir au matin, j’en réponds,

Tout en visitant les poubelles

Je garde un œil sur les donzelles

Car, n’en déplaise aux vieux barbons, 

Je reste un coureur de jupons…

 

Troisième prix de poésie section Irène DEVAUX

Monsieur VAN MEER Lucien

De SAINT NAZAIRE (44)

-o-

 

LA SYMBOLIQUE DES ‘CLOCHES !’

 

La ‘cloche’, chers amis, a rythmé notre Vie !

Depuis les temps anciens, d’un tintement de choix

Nous apportant à tous, souvent comme à ‘mi-voix’

La « Prière et l’Appel’, vers la cérémonie.

 

Se crée un lien étroit entre les Hommes et DIEU,

Adressant son message, à nous tous, les ‘Fidèles’

Qui voulons devenir, disons : ‘chrétiens modèles’

Célébrant le Seigneur, courbés pour prier DIEU.

 

 

Tout comme un être humain, elle a droit au ‘baptême’,

Avec de l’eau bénite, elle reçoit son ‘nom’ :

Elle aura désormais un immortel renom,

Compagne très zélée, ointe aussi du ‘Saint Chrême’ !

 

L’on peut entendre ainsi, nos joyeux ‘carillons’

Dans le TARN, à ‘LA DRÊCHE’, ou même encor à ‘CASTRES’

Et se croire portés en la ‘Cité des Astres’…

La musique en nos cœurs, grave de doux sillons.

 

Troisième prix de poésie section Irène DEVAUX

Monsieur SEGONZAC Fernand

De CASTRES (81)

-o-

 

LA Poésie THEME ‘l’absence’

 

COMME UN CERF ALTERE

 

Comme un cerf altéré court après l’onde vive,

Halète, frémissant, inondé de sueur,

Ainsi, mon âme a soif, te cherche avec ferveur.

En exil, isolé, je pleure sur la rive.

 

Sur la mer de tristesse, inquiet, je dérive,

J’oscille, glisse, tombe, accablé de douleur.

Loin de toi, je gémis, saturé de malheur.

A ma détresse, prête une oreille attentive.

 

Les larmes sont mon pain, le jour comme la nuit.

Triste, le ciel se voile et le soleil s’enfuit.

Dans l’abîme sans fond, sombre ma confiance.

 

Je tends les mains vers toi. Les yeux sur l’horizon,

Je guette ton retour : cruelle est ton absence.

Pourrais-je te revoir, heureux dans ta maison ?

 

Premier prix de poésie thème ‘l’absence’

Monsieur HYBERT Gilles

De LA FERRIERE (85)

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L’ABSENCE

 

Ton amitié certaine et ton joli sourire,

Malgré l’éloignement qui mène au désespoir,

Me sont d’un grand secours mais ne peuvent suffire

A me réconforter si je ne peux te voir !

 

Les saisons m’ont appris qu’il faut savoir attendre

Le flux de pleine mer et l’instant du départ,

Comme la voile au vent qui demande à se tendre,

Un cœur noble au bonheur est promis tôt ou tard.

 

L’éther frangé de rose et de lilas s’efface,

L’oiseau cède sa place à la chauve-souris.

Le pleur de l’océan surgit à la surface,

La nuit frissonne au loin sous les nuages gris.

 

J’écoute le concert de la vague admirable

Qui vient bercer mes vers d’un murmure incessant

Et cherche le silence, un regard secourable,

Sous les tons merveilleux d’un ciel évanescent.

 

Constamment j’entretiens, au jardin de mon âme,

L’arbre toujours en fleurs de mon beau souvenir

Et je bénis sans trêve en mon foyer sa flamme !

Ces merveilleux instants, pourront-ils revenir ?

 

Deuxième prix de poésie thème ‘l’absence’

Monsieur CHAUFFOIS Bernard

De LE PELLERIN (44)

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L’ABSENCE

 

Ce vide glacial

Que l’on vêt de souvenirs

Réchauffe de grands rires

Même colorié d’anecdotes

Demeure vide glacial

Dans le silence de la mort.

 

Les parfums peu à peu s’effacent

Dans le flot des jours qui passent

Pourtant toujours une place

Reste inoccupée au banquet de l’amour

Le cœur ne guérit jamais de ses déchirures

Seule l’habitude s’installe.

 

L’absence empoisonne la solitude

Aussi pour ne plus pleurer

On ouvre la fenêtre aux chants d’oiseaux

Cueille des bouquets d’azur

Où courent les mots-fleurs

Qui consolent les chagrins du passé.

 

On apprend à retrouver l’absent

Dans un frissonnement d’ailes

Dans un froissement de tissu

Dans un murmure du vent

C’est alors seulement

Que l’absence n’est plus lourde à porter.

 

Deuxième prix de poésie thème ‘l’absence’

Madame FAUCHEUX Nicole

De VOUTEZAC (19)

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JE N’ATTENDS PLUS PERSONNE

 

Les roses du jardin ont perdu leur couleur,

La nature revêt son plus triste visage,

Qui pourra donc alors apaiser ma douleur

Lorsque ne se dessine aucun heureux présage.

 

Les perles de rosée, en la morne saison,

N’ont plus le même éclat mais la saveur des larmes

Et mon cœur est si las à perdre la raison,

La vie, en cet automne, abandonne ses charmes.

 

Lorsque la nuit descend, qu’elle étend son linceul,

Dans les étoiles d’or, cherchant ma bien-aimée,

J’interroge les cieux qui me laissent bien seul ;

Dans ce profond malheur, mon âme est déprimée.

 

Sous le poids du chagrin, je marche l’air hagard,

Je retiens mes sanglots, j’entends le glas qui sonne

Et par tous les sentiers, je cherche son regard,

La mort m’a tout ravi, je n’attends plus personne.

 

Troisième prix de poésie thème ‘l’absence’

Madame ESNEU-BOUTRUCHE Eliane

De SAINT MARTIN DES CHAMPS (50)

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L’AMOUR ABSENT

 

En découvrant le lit, à l’heure du coucher,

J’ai vu, sous l’oreiller, cette chemise verte,

Qui te pare si bien, quand elle est entrouverte,

Et que, dans nos doux jeux, je tente d’arracher.

 

Las ! tu n’es pas dedans, ce soir, pour m’aguicher !

Du désert de l’amour je fais la découverte :

Lors, en plein désarroi, ma bouche s’est offerte

Aux rêves de baisers goûtés à ton rucher.

 

Ton corps, loin, ce coton devient chiffon sans vie,

Il n’a plus sa chaleur : s’évanouit l’envie,

Au creux des plis, pourtant subsiste ton odeur…

 

Ah ! Ce n’est pas assez pour combler mon attente !

Reviens vite vers moi, qui reste quémandeur

De ton être charnel dans l’étreinte exaltante !

 

Troisième prix de poésie thème ‘l’absence’

Monsieur BARAUD Bernard

De BATZ SUR MER (44)

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ABSENCE

 

Je n’avais pas cinq ans lorsque tu es parti.

Le destin nous a engloutis

Laissant à ta place notre désolation…

 

J’étais finie, sans désir, sans espoir.

 

J’ai avancé

Sans tes conseils, ni rien…

Le cœur lourd,

Allant ici et là,

Ou m’abandonnant au gré du vent,

Comme un flocon

Perdu,

Mais en t’imaginant là.

 

J’étais seule à lutter contre le temps qui cogne.

 

Fragile, j’ai fait ce que j’ai pu :

De mon mieux, face à mon prochain

Face à tous les autres ;

Orpheline de mon Père,

 

Poussée par son ombre céleste.

 

Troisième prix de poésie thème ‘l’absence’

Madame BONNIER VAN MEER Marie

De SAINT NAZAIRE (44)

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L’ABSENCE

 

L’absence du sourire

Dans le fond de nos yeux

Tant de mots sont à dire

Au moment des adieux.

 

L’absence où la mémoire

Qui nous quitte un instant

Fait oublier l’histoire,

C’est parfois attristant.

 

L’absence de prière

Qui réchauffait le cœur,

C’était douce lumière,

Procurant la chaleur.

 

L’absence de tendresse,

Le manque d’amitié

Nous font rêver sans cesse

D’un peu plus de bonté.

 

L’absence d’un bien-être

Que nous voulions garder,

Qui s’enfuit comme un traître,

Nul ne peut l’arrêter.

 

Quelle que soit l’absence,

Pour un soir ou toujours,

Elle a tant d’importance

Dans nos cœurs sans recours.

 

Mention de poésie thème ‘l’absence’

Madame BERGER Eliane

De MAREUIL SUR LAY (85)

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LA poésie thème ‘LES TRAVAILLEURS DE LA MER’

 

SLAM DU BORD DE MER

J’suis pas un bouffon qu’a grandi/dans un’banlieue à graffiti

J’suis un p’tit gars du bord de mer/et j’vis pépère

Tous les jours/été comme hiver/j’boss’en plein air…

 

J’ai été vi/ré du collège,

                                          Dès la cinquième… Et d’puis… -j’abrège-                                         

J’élèv’ des moul’/sur les bouchots.

Moi qui rêvais/ de piloter

De grands bateaux…/ J’ram’ au bas d’l’eau…

 

Car la marin’/est sinistrée

On n’embauch’ plus/ d’puis bell’lurette

Bien obligé/ de m’contenter

D’un simpl’boulot/ d’proximité :

J’y vais à pied/ sept jours sur sept.

 

« t’es un sportif,/ un écolo,

Toi, tu réchauff’/pas la planète »

M’a dit un type/ un cadr’ high-tech’

Qui maintenant/ qu’tout a pris l’eau

Se retrouv’à sec/ sans un kopeck.

 

                                      « quell’chanc’ t’as mec/ d’vivr’dans ce bled »

M’répèt’ ce gus/ qui vient camper

En minibus/ tous les étés

Et rest’des heur’/face à la mer

En s’empiffran/ d’moul’ marinières.

 

J’suis pas un bouffon qu’a grandi/ dans un’ banlieue à graffiti

Moi j’suis un gars du bord de mer/ j’ai plus d’galère

J’travaill’aux moul’, et je jubil’/dans ma presqu’île.

 

Mention pour originalité

Madame LE MEUR-ROLLET Yvonne

De SAINT JACUT DE LA MER (22)

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TRAVAILLEURS DE LA MER

 

L’empire spumescent, regroupant ses essaims,

Se lance à corps perdu sur la côte nacrée.

Des voiliers déchirés cinglent vers leurs bassins,

La lune d’équinoxe a gonflé la marée !

 

Hirsute, échevelé, sonnant de son clairon,

Eole sur le flot étend son ample tresse ;

A bord de leur bateau, le mousse et le patron

Se retrouvent parfois en immense détresse.

 

Sentinelle efficace au milieu des récifs,

Le phare sur la mer, pourfendeur de ténèbres,

Montrant de son pinceau les rochers agressifs,

Préserve les cargos de ces brisants célèbres.

 

Quand la brume s’exile en de lointains ailleurs,

Le vieux navire, ici, découvre une autre vie,

Ses flancs remis à neuf par d’obscurs travailleurs,

Regagneront le large objet de son envie.

 

Le marin se souvient des soirs illuminés,

Des cruels ouragans, de ses pêches mythiques,

Et, scandé par des chœurs les plus déterminés,

L’hymne mélodieux des pays exotiques.

 

L’océan sous l’Olympe, éternise son chant,

Un chef-d’œuvre immortel, ritournelle narquoise

Sous le char d’Apollon qui jaspe le couchant

D’une lueur d’azur, émeraude et turquoise !

 

Mention de poésie thème ‘les travailleurs de la mer’

Monsieur CHAUFFOIS Bernard

De LE PELLERIN (44)

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‘SAUVER OU PERIR’

 

Dès que s’encolère aquilon,

Drossant la nef vers les récifs,

Marins-sauveteurs en vigie

Redoutez l’appel au ponton

Pour sauver d’imprudents esquifs

Croyant narguer l’intempérie…

 

Quand plonge la proue du canot

Aux entrailles des déferlantes,

Transcendant la peur en courage,

Vous domptez la fureur du flot,

Giflés de bordées suffocantes,

Criant pour dominer l’orage.

 

En ces corps-à-corps implacables,

Votre océane connaissance

Triomphe du fracas des eaux…

Tous ceux qui vous sont redevables,

Oubliant votre humble décence,

Vous chantent à tous les échos…

 

Mais qui gommera vos chagrins :

Compagnons morts en sauvetages

Dont le deuil palpite en vos cœurs ?

Pourtant, dès les prochains tocsins,

Vous ajouterez belles pages

A l’épopée des sauveteurs !

 

Mention poésie thème ‘les travailleurs de la mer’

Monsieur LHOMMEDE Denis

 De SAINT PIERRE MONTLIMART 

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POEsie en recueil

 

LE VŒU DE LA JARDINIERE

 

Lorsque viendra le temps de quitter ce jardin,

Câliné chaque jour jusqu’au plus menu brin,

Seul un vœu chatoiera dans mon être en partance,

Avoir l’heur de cueillir encore une existence.

 

Après avoir semé tant d’hoyas, de cyprès,

L’envol échapperait au chaos des regrets,

S’il m’était offert de prolonger le voyage

Entre les bras sereins d’un gracieux paysage.

 

Sur un lit de satin dessiné comme un cœur,

Je viendrai m’épanouir, fine et divine fleur,

Emergeant doucement de la fange copieuse

En habit de lotus à l’aura délicieuse.

 

Berceau de plénitude, hymne de pureté,

Ma corolle nacrée née de l’obscurité,

Telle une apparition brisant la décadence,

Enivrera les yeux de sa munificence.

 

Bienveillante émissaire aux envoûtants parfums,

J’userai de mes charmes en faveur des humains,

Pour leur enseigner que la richesse de l’âme

Excelle aussi drapée d’une souillure infâme.

 

Nous qui, semblables aux fleurs, sommes nés pour grandir,

N’omettons surtout pas que jusqu’au grand soupir,

Qu’il émane des ombres ou d’un flot de lumière,

Le pouvoir de l’esprit n’atteint pas de frontière.

 

Madame NEGRET Cécile

De SAINT NAZAIRE (44)

Tiré du recueil « MOISSON DE MOTS »

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DES SITES HISTORIQUES EN ARIEGE !

 

Venez donc découvrir, là-bas, en ARIEGE,

Une célèbre grotte, ayant pour nom ‘NIAUX’.

Oui, vous pourrez y voir, et ce n’est pas un piège,

Des reproductions de nombreux animaux !

 

Sur les parois, en fait, d’une lointaine époque

De notre Préhistoire, on trouve les dessins

Des ‘MAGDALENIENS’, sans que cela vous choque :

Des combats notamment de plusieurs spadassins.

 

Une grotte, en ces lieux, se repère en la roche :

On la connaît, bien sûr ; son nom : le « MAS D’AZIL’.

La route la traverse, et la voûte en est proche ;

Nul obstacle, pourtant, surtout point de péril !

 

Notons également,  -cité médiévale-

Le bourg ‘Saint LIZIER’ –relais des pèlerins-,

Il abrite en son sein, sa belle Cathédrale,

Son cloître, et le Palais qui date des Romains.

 

Nous arrivons alors au site ‘MIREPOIX’ :

Une antique bastide, une grand’ Place immense,

Des ‘couverts’ tout autour, et des vendeurs… de noix !

L’essor de la Cité montre une vie intense !

 

Enfin n’oublions pas, le « Château MONTSEGUR ».

Perché sur un sommet, dominant la vallée,

Grimpez-y lestement, sous un beau ciel d’azur,

Tout là-haut, en effet, vous jubilez… d’emblée !

 

Monsieur SEGONZAC Fernand

De CASTRES (81)

Tiré du recueil « LA VASTE ET RICHE REGION EN MIDI-PYRENEES »

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JOUR 2 3

 

Si je croyais au mérite, je mourrai d’insomnies.

 

Epouser Ton amour me fait aventurier,

En Te confiant tous les risques.

 

Je suis si vite terrorisé.

 

 

 

JOUR 3 4

 

Revenir à Toi.

 

Traverser le drap des illusions.

 

Casser la machine à trisser les rêves des pouvoirs,

Des avoirs.

 

Ces biens à rien.

 

Toxiques comme un liseron

Sur un lopin de fraisiers.

 

Qu’un grand vent balaie le ciel

Des nuages sombres de l’hiver.

 

Retrouver Ta clarté.

 

Monsieur LECORDIER Pascal

D’ECULLY (69)

Tirés du recueil « ORAISONS »

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La poésie des jeunes auteurs

 

Ô GRAND ROI

 

Les peuples te vénèrent Elfes, Nains, et Hommes.

A l’éclosion, haut comme trois pommes,

A ton âge d’or, on te confond à une montagne.

 

Dressée sur tes pattes, une queue et tes ailes.

Tes piquants en ivoire poli courent en ton long.

Tes écailles d’une infinie pureté au soleil,

Prennent une forme spéciale qui en dit long.

 

Roi de nos cœurs ou de nos folles terreurs.

Harcelant tes ennemis avec tes grandes dents,

Chassant à grand coup de griffes tes tirants.

 

Qu’ils marchent, qu’ils volent ou qu’ils nagent,

Les plus sages seigneurs de cette terre

« la Majestueuse » et de l’air « La Meurtrière »

Ta légende Ô Dragon des nuages et des âges.

 

Mention d’encouragement plus de quinze ans

Mademoiselle BITEAU Léonie

De SAINT PAUL MONT PENIT (85)

 

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